Le déficit de l'Etat italien a baissé en 2025 mais est resté juste au-dessus de la barre européenne des 3%, a confirmé Eurostat mercredi.
Giorgio Meloni, le 14 décembre 2025, à Rome ( AFP / TIZIANA FABI )
Près de 15 ans après la crise de la dette italienne, le gouvernement de droite et d'extrême-droite dirigé par Giorgia Meloni comptait faire passer le déficit public sous cette barre, ce qui lui permettrait de sortir de la procédure de la Commission européenne pour déficit excessif et d'avoir plus de marges de manoeuvre.
La croissance de l'économie italienne a ralenti fin 2025 et le déficit est resté à 3,1% du PIB, avait déjà indiqué début mars l'Institut italien des statistiques.
Les gouvernements successifs ont taillé dans les comptes publics, passant de -9,4% en 2020, année de l'épidémie de Covid, à -7,1% en 2023, -3.4% en 2024, et -3,1% en 2025, à 69 milliards d'euros.
L'Italie est ainsi dans la moyenne des Etats de l'Union européenne (3,1% en 2025 comme en 2024). Onze Etats ont des déficits supérieurs à 3%, dont la Roumanie (-7.9%), la Pologne (-7.3%), la Belgique (-5.2%) et la France (-5.1%).
Eurostat a précisé ne pas avoir amendé les donnés fournies par les Etats membres dans cette estimation annuelle de leurs déficits.
"Ce n'est pas un drame" pour l'Italie, a déclaré à l'AFP l'économiste Lorenzo Codogno. "Rester ou sortir de la procédure européenne est plutôt cosmétique, pour faire voir aux marchés que l'on a atteint l'objectif".
"C'est aussi important du point de vue politique, notamment pour les élections prévues en 2027", a ajouté l'économiste.
La coalition au pouvoir en Italie a affiché le redressement des comptes publics comme une de ses priorités. Mais elle demande aussi une suspension "généralisée" des règles européennes sur le déficit dans le contexte si la guerre au Moyen-Orient venait à se relancer.
Mercredi, le conseil des ministres doit valider ses prévisions de croissance pour l'année 2026.
La Banque d'Italie a déjà revu ses prévisions à la baisse à cause de la brutale hausse des prix de l'énergie liée à la guerre. Ses experts prévoient une croissance égale à zéro en 2026 si la guerre venait à se prolonger, avec une entrée en récession en 2027.
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